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CLe Rageux Démissionnaire

Ton burnout se manifeste sous forme de rage pure et distillée. T'es à un « comme indiqué dans mon précédent mail » d'un arc de super-vilain.

Le Rageux Démissionnaire

Ah, tu savais déjà, pas vrai ? T'as fait ce quiz déjà vénère — peut-être à cause du quiz lui-même, peut-être à cause du fait que tu fais un quiz pour confirmer un truc que tu savais absolument déjà — et maintenant on est là. T'es Le Rageux Démissionnaire, et honnêtement, le nom couvre à peine la réalité.

Ton burnout murmure pas. Il hurle. Là où le burnout des autres les rend fatigués, ou amorphes, ou scotchés à leur tel, le tien a transformé toute cette fatigue en carburant pour une rage qui vise tout et rien à la fois. Le conducteur lent devant toi. Le collègue qui fait « répondre à tous ». La manière spécifique dont quelqu'un mâche. Le concept même du lundi. Des trucs qui agaceraient légèrement une personne reposée te donnent l'impression que tu vas vibrer hors de ton propre corps.

Ce qui se passe vraiment sous le capot : la colère est une émotion secondaire. Toujours. Quand les psychologues parlent de la « connexion burnout-colère », ils décrivent un système nerveux qui est en mode fight-or-flight depuis si longtemps que « fight » est devenu le réglage par défaut. T'es pas vraiment en colère à cause du mail. T'es en colère parce que t'es épuisé·e, tu te sens pas valorisé·e, ça fait des mois que tu roules sur la réserve, et le mail était juste le dernier grain de sable avant que toute la plage s'effondre.

Ce qui rend ton burnout particulièrement brutal c'est que la colère est énergisante — ce qui veut dire que tu te sens pas en burnout au sens classique. Tu te sens pas fatigué·e. Tu te sens survolté·e. Activé·e. Prêt·e à en découdre avec le concept même du capitalisme tardif. Ça rend super facile de louper le burnout complètement parce que tu continues de te pointer, de performer, de fonctionner — juste furieusement. La colère devient ta caféine. L'irritation devient ton réveil.

Mais les gens autour de toi ? Ils le voient. Les potes qui commencent à marcher sur des œufs. Le/la partenaire qui demande « ça va ? » avec cette voix prudente qui te donne envie de hurler « ÇA VA TRÈS BIEN » d'une manière qui communique très clairement que ça ne va pas du tout. Ta colère est un champ de force, et elle fait exactement ce que ton subconscient veut qu'elle fasse : garder tout le monde à distance pour que personne s'approche assez pour voir à quel point t'as mal en vrai.

Il y a un concept en psychologie appelé « l'irritabilité comme symptôme masqué », et c'est sauvagement sous-diagnostiqué, surtout chez les personnes qui correspondent pas à l'image stéréotypée de quelqu'un en difficulté. T'es pas triste. T'es pas cloué·e au lit. Tu te balades en mode warrior en abattant des tâches tout en fantasmant sur tout plaquer pour aller vivre dans une cabane en forêt sans Wi-Fi. C'est pas de la motivation. C'est un mécanisme de défense en rangers.

La voie à suivre pour toi est contre-intuitive : tu dois ressentir ce qu'il y a sous la colère. La tristesse, le deuil, la déception, la blessure tout à fait légitime qui s'est accumulée pendant tout le temps que t'as passé à ce rythme. La colère c'est ton armure, et elle t'a bien servi — elle t'a maintenu·e en mouvement quand t'arrêter semblait impossible. Mais une armure c'est lourd, et tu la portes depuis trop longtemps. La poser ne fait pas de toi quelqu'un de faible. Ça veut juste dire que t'es enfin prêt·e à sentir le poids de ce que tu portais au lieu de le combattre.

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