Bienvenue dans les résultats que tu avais totalement vu venir — probablement en scrollant devant ce quiz les trois premières fois qu'il est apparu dans ton feed avant de finalement le faire à 2h du mat un mardi.
T'es Le Gobelin du Doomscroll, et avant que tu te braques, sache : c'est pas une question de temps d'écran. Tout le monde est trop sur son tel. C'est une question de ce que ton schéma spécifique de consommation numérique révèle sur la façon dont ton cerveau a décidé de gérer le fait d'être complètement, absolument cramé·e.
Ton burnout ressemble pas à de l'épuisement en surface — ça ressemble à de l'évitement déguisé en divertissement. Tu binges pas ta série parce que tu l'adores. Tu refreshes pas Twitter parce que le discourse t'intéresse. Tu le fais parce qu'interagir avec la réalité demande une bande passante émotionnelle que tu n'as tout simplement plus en ce moment, et ton téléphone est le dispositif de dissociation le plus sophistiqué du monde.
Les psychologues appellent ça l'« évitement expérientiel » — la tentative d'échapper à ou de supprimer les expériences internes non désirées. Le twist avec l'évitement numérique c'est qu'il s'auto-renforce de manière unique. Chaque scroll déclenche une micro-dose de nouveauté sur laquelle ton cerveau en manque de dopamine se jette comme une bouée de sauvetage. Tu procrastines pas parce que t'es flemmard·e. Tu procrastines parce que ton système nerveux a sincèrement décidé que s'engager avec ta vraie vie est une menace, et le flux infini de contenu est la zone tampon entre toi et des émotions que t'es pas prêt·e à traiter.
Et le truc qui pique vraiment : tu le sais. Tu te sens t'enfoncer dans le canapé, tu vois les heures se dissoudre, tu remarques le sentiment de vide qui empire — pas qui s'améliore — à chaque scroll. Mais savoir et s'arrêter sont deux compétences entièrement différentes, et les apps sont littéralement conçues par des équipes de psychologues comportementaux pour rendre l'arrêt aussi difficile que possible. T'es pas faible. T'es juste en infériorité numérique.
Le schéma de consommation de contenu d'un Gobelin du Doomscroll est révélateur. Tu regardes probablement pas du contenu stimulant. Tu regardes du contenu comfort — rewatch de séries déjà vues, créateurs qui font office de potes virtuels, rabbit holes qui demandent zéro investissement émotionnel. C'est pas du divertissement. C'est de l'anesthésie émotionnelle. Ton cerveau fait l'équivalent numérique de s'enrouler dans une couverture lestée et de refuser d'en sortir.
Ton énergie n'est pas partie — elle est piégée. Sous l'engourdissement, sous la posture du « j'en ai rien à foutre », il y a quelqu'un qui se soucie tellement de tellement de choses que la seule manière de survivre était d'arrêter de se soucier de tout. Le doomscroll c'est pas le problème. C'est la solution que ton cerveau a trouvée quand les vrais problèmes semblaient trop écrasants pour être affrontés.
La guérison pour toi c'est pas une question de volonté, de minuteurs d'apps ou de poser ton téléphone dans une autre pièce. C'est de rendre progressivement la réalité moins menaçante que l'écran. Ça peut vouloir dire un petit engagement avec le monde réel par jour — une balade où tu laisses ton tel, une conversation où tu es vraiment présent·e, une tâche tellement petite qu'elle déclenche pas la réponse d'évitement. L'objectif c'est pas de devenir d'un coup quelqu'un qui « touche l'herbe ». C'est de te rappeler lentement que l'herbe existe, et que parfois c'est plutôt agréable.
